Guide pratique · Électricien

Tableau électrique : mise aux normes NF C 15-100

NF C 15-100, AGCP, différentiels 30 mA, modules réservés, prix posée 2026, obligations vente / location.

Lecture · 7 min Mis à jour le 5 mai 2026

Le tableau électrique, c’est le cerveau de votre installation. Un tableau ancien (fusibles à plombs, sans différentiel 30 mA) est un risque réel pour la sécurité des personnes. Voici quand le mettre aux normes, ce qu’il doit contenir, et combien ça coûte vraiment en 2026.

Le tableau électrique

Le tableau électrique centralise et protège tous les circuits de la maison. Il assure trois fonctions principales :

  • Protection contre les courts-circuits et surcharges via les disjoncteurs divisionnaires.
  • Protection contre les fuites de courant à la terre via les différentiels 30 mA (sécurité des personnes).
  • Sectionnement général de l’installation via le disjoncteur de branchement (AGCP).

Le tableau doit être accessible, dégagé sur 70 cm en façade, à hauteur 0,90-1,80 m du sol fini.

La norme NF C 15-100

  • Norme française de référence pour les installations électriques basse tension.
  • Mises à jour régulières : version actuelle 2002, amendements jusqu’en 2023.
  • Couvre : protection des personnes, dimensionnement des circuits, nombre de prises minimum, présence d’un parafoudre, exigences pièce par pièce.
  • Obligatoire pour toute construction neuve, extension, rénovation lourde.
  • Non rétroactive sur l’existant : pas d’obligation légale de mettre aux normes une installation ancienne, sauf en cas de travaux significatifs.
  • DPE : peut signaler une installation > 15 ans non vérifiée comme à diagnostiquer (Diagnostic Électrique Obligatoire pour vente / location).

Quand mettre aux normes

  • Tableau avec fusibles à plombs : à remplacer impérativement (norme abandonnée depuis 1991).
  • Absence de différentiel 30 mA : risque vital. À ajouter en priorité absolue.
  • Disjoncteurs cassés ou défaillants.
  • Coupures fréquentes sans cause identifiée.
  • Avant ajout d’un point de puisage majeur (cuisine refaite, salle de bain, borne de recharge VE).
  • Vente du logement : DEO obligatoire si installation > 15 ans, recommandation de mise aux normes pour valoriser.
  • Location nouvelle : DEO obligatoire pour installations > 15 ans.
  • Pose d’un système photovoltaïque : exigence de tableau aux normes.
  • Sinistre électrique : à reprendre dans le cadre de l’assurance.

Composants obligatoires

  • AGCP (disjoncteur de branchement) : à proximité immédiate du tableau. Permet la coupure générale.
  • Différentiels 30 mA :
    • Au minimum 2 différentiels pour une habitation T1-T3.
    • 3 différentiels pour T4-T6.
    • 1 type AC général + 1 type A pour circuits spécifiques (lave-linge, lave-vaisselle, plaque de cuisson).
  • Disjoncteurs divisionnaires par circuit :
    • Éclairage : 16 A max (8 points lumineux par circuit).
    • Prises classiques : 16 A (8 prises) ou 20 A (12 prises).
    • Plaque cuisson : 32 A dédié.
    • Lave-linge, lave-vaisselle, four : 20 A dédié à chacun.
    • Sèche-linge, ballon ECS : 20 A dédié.
  • Parafoudre obligatoire en zone à risque (zone à orages fréquents, niveau kéraunique > 25).
  • Modules réservés : 20 % d’espace libre minimum pour les évolutions futures.
  • Repérage clair de chaque disjoncteur (étiquettes lisibles).
  • Schéma unifilaire de l’installation à fournir par l’électricien.

Une mise aux normes étape par étape

  1. Audit de l’existant par un électricien pro : nombre de circuits, état des fils, dimensionnement.
  2. Devis détaillé : nombre de modules nécessaires, type de différentiels, parafoudre éventuel.
  3. Coupure du courant au compteur. Sectionnement de l’ancien tableau.
  4. Démontage de l’ancien tableau : repérage de chaque circuit, photos pour mémoire.
  5. Pose du nouveau coffret : généralement 13-18 modules par rangée, 2-4 rangées selon installation.
  6. Câblage et identification de chaque circuit. Disjoncteur calibré selon usage.
  7. Pose des différentiels 30 mA et du parafoudre.
  8. Repérage et étiquetage de chaque ligne (pratique très utile en cas de panne).
  9. Tests sous tension : continuité, isolement, fonctionnement des protections.
  10. Schéma unifilaire remis au propriétaire + Consuel obligatoire si construction neuve ou rénovation totale.

Budget réaliste

  • Tableau seul, neuf 13 modules : 80-200 €.
  • Tableau seul, neuf 4 rangées : 200-500 €.
  • Différentiels 30 mA : 50-120 € l’unité.
  • Disjoncteurs divisionnaires : 5-30 € pièce selon ampérage.
  • Parafoudre : 100-200 €.
  • Mise aux normes complète T3-T4 : 1 200-2 500 € posé.
  • Mise aux normes complète T5+ : 2 000-4 000 € posé.
  • Rénovation totale avec passage de câbles : 3 500-8 000 € selon état des gaines.
  • Consuel (certificat de conformité) : 200-300 € en cas de rénovation totale.
  • Aides MaPrimeRénov’ : non éligible pour le tableau seul. Inclus dans une rénovation globale.

Obligations vente / location

  • Diagnostic Électrique Obligatoire (DEO) :
    • Vente d’un logement : si installation > 15 ans, DEO obligatoire.
    • Location nouvelle : si installation > 15 ans.
    • Coût : 90-180 € par diagnostic.
    • Validité : 3 ans pour la vente, 6 ans pour la location.
  • 6 anomalies peuvent être signalées : protection 30 mA absente, mise à la terre incorrecte, conducteurs surchauffés, etc.
  • Le DEO est informatif : pas d’obligation de mise aux normes pour vendre, mais le futur acquéreur connaît l’état réel.
  • Logement insalubre ou avec installation dangereuse : la loi peut obliger des travaux.
  • Argument de vente : un tableau récent + DEO sans anomalie valorise le logement de 2-5 % en moyenne.

À faire soi-même ou par un pro

  • À faire soi-même (avec connaissances) :
    • Remplacement d’un disjoncteur divisionnaire identique.
    • Ajout d’un disjoncteur dans un emplacement déjà câblé.
    • Test du différentiel 30 mA (bouton « test »).
  • Par un pro :
    • Mise aux normes complète du tableau.
    • Création de nouveaux circuits.
    • Mise en place du Consuel.
    • Couplage avec photovoltaïque ou borne VE.
  • Sécurité électrique : un tableau mal raccordé peut tuer. Toujours couper le courant au compteur avant toute intervention. Toujours vérifier l’absence de tension avec un multimètre.
  • Assurance : un sinistre dû à une installation auto-réalisée peut ne pas être couvert. Privilégier un pro qualifié RGE Qualifelec ou Qualibat.
  • Garantie décennale de l’électricien pro couvre l’installation pendant 10 ans.

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