Guide pratique · Bricoleur
Comparer un devis travaux et éviter les arnaques
Mentions légales obligatoires, postes à comparer, prix marché de référence, clauses suspensives, arnaques classiques.
Un devis travaux mal lu, c’est l’assurance d’une mauvaise surprise : prix gonflé, prestations cachées, garantie absente. Voici les 8 points à vérifier systématiquement, les arnaques classiques à éviter, et les outils pour comparer en 2026.
Mentions obligatoires
- Identité du professionnel :
- Nom commercial + raison sociale.
- SIRET (vérifiable sur infogreffe.fr).
- Adresse complète + téléphone + email.
- Numéro RCS + RM si artisan.
- Code APE / NAF du métier.
- Identité du client :
- Nom, adresse de l’intervention.
- Date d’établissement du devis.
- Durée de validité (souvent 1-3 mois).
- Description précise des travaux :
- Poste par poste, jamais global.
- Quantité × prix unitaire.
- Description détaillée (matériaux, marques, dimensions).
- Total HT par poste.
- TVA et total TTC :
- Taux applicable (5,5 / 10 / 20 %).
- Total HT, total TVA, total TTC.
- Logement > 2 ans : taux réduit possible.
- Conditions de paiement :
- Modalités (acompte, échéancier, solde).
- Mode (virement, chèque, CB).
- Pénalités de retard.
- Garantie décennale :
- Numéro de contrat + assureur.
- Date de validité.
- Obligatoire pour travaux concernés (gros œuvre, second œuvre).
- Mention RGE si travaux ouvrant droit à aides énergétiques.
- Médiation / litiges :
- Coordonnées du médiateur de la consommation.
- Tribunal compétent en cas de litige.
Postes à comparer
- Comparaison ligne par ligne :
- Identique sur 3 devis : standard du marché.
- Manquant sur 1 devis : prestation cachée à clarifier.
- Prix x2 sur 1 devis : à explorer (qualité différente ? oubli ?).
- Décomposition typique d’un chantier :
- Démolition / dépose existant.
- Préparation support / ragréage.
- Matériaux principaux (avec marque et référence).
- Pose / main-d’œuvre.
- Évacuation des déchets (souvent oubliée).
- Finitions (joints, peinture, nettoyage).
- Garanties.
- Conditions essentielles à vérifier :
- Délai d’exécution.
- Date de début prévue.
- Pénalités de retard pour le pro.
- Garantie d’avancement chantier (par tranche payable).
- Que se passe-t-il en cas d’imprévu ?
- Total comparable :
- HT + TVA + TTC sur la même base.
- Ne jamais comparer un HT à un TTC.
- Méfiance sur les hors-poste (« à la charge du client »).
Prix marché de référence
Pour vérifier qu’un devis est réaliste, voici les prix moyens 2026 par poste :
- Peinture : 20-50 €/m² posé selon préparation (1-2 couches incluses).
- Carrelage sol : 60-150 €/m² posé selon format et complexité.
- Carrelage mural : 50-120 €/m² posé.
- Parquet flottant : 40-80 €/m² posé.
- Parquet massif : 80-200 €/m² posé.
- Cloison placo : 50-90 €/m² posée.
- Isolation toiture : 50-100 €/m² posée.
- Isolation murs ITE : 130-200 €/m² posée.
- Fenêtres PVC standard : 350-700 €/fenêtre posée.
- Salle de bain complète refaite : 6 000-15 000 € pour 4-6 m².
- Cuisine équipée milieu de gamme : 8 000-15 000 € posée pour 12 m².
- Toiture refaite : 100-200 €/m² couverture remplacée.
- Tableau électrique aux normes : 1 500-3 000 € posée (3-4 rangées).
- Plombier dépannage : 80-200 €/h selon zone.
- Électricien dépannage : 60-150 €/h.
Arnaques classiques
- Démarchage à domicile :
- Interdit pour énergie, panneaux solaires, isolation depuis 2020.
- Prix gonflés 2-4×.
- Forfait global sans détail.
- Refuser systématiquement.
- RGE bidon / périmé :
- Vérifier sur france-renov.gouv.fr.
- Date de validité dans la période chantier.
- Bon métier (Qualibat, Qualifelec).
- Acompte excessif :
- Maximum légal : 30 % à la commande.
- Solde uniquement après livraison conforme.
- Méfiance > 50 % d’avance.
- Forfait global non détaillé :
- « Rénovation salle de bain : 12 000 € ».
- Aucune transparence sur les prestations.
- Demander absolument un devis détaillé.
- Sous-traitance non déclarée :
- Vous signez avec A, c’est B qui intervient.
- Décennale du sous-traitant à vérifier.
- Demander la déclaration de sous-traitance.
- Matériaux substitués :
- Devis dit Knauf, livré avec marque inconnue.
- Photographier les matériaux à la livraison.
- Mention claire dans le devis.
- Travaux supplémentaires sauvages :
- « On a découvert ça en plus, c’est 3 000 € de plus. »
- Demander toujours un devis complémentaire écrit avant.
- Refuser de payer sans devis signé pour les supplémentaires.
- Pas de PV de réception :
- Réception orale, paiement intégral.
- Aucun recours possible ensuite.
- Toujours signer un PV avec réserves éventuelles.
Acompte et paiement
- Acompte légal maximum :
- Interdit en théorie (loi 1971), mais pratique courante.
- Maximum 30 % de la facture totale à la commande.
- Pour grand chantier (> 10 000 €) : 10-20 % suffisent.
- Paiement par tranches :
- Acompte 30 % à la signature.
- 30 % à la livraison des matériaux.
- 30 % en cours d’avancement.
- 10 % à la réception sans réserve.
- Solde retenu pour parfait achèvement :
- 5-10 % du total non payé pendant 1 an.
- Légal si stipulé au contrat.
- Levée des réserves = paiement du solde.
- Virement bancaire recommandé :
- Trace écrite du paiement.
- Pas de chèque sur grands montants.
- Espèces interdites au-delà de 1 000 €.
- Pas de paiement sans facture :
- Facture définitive après chaque tranche.
- Mentions obligatoires comme sur le devis.
- TVA détaillée.
Avant signature
- Vérifier le SIRET sur infogreffe.fr ou societe.com.
- Vérifier le RGE sur france-renov.gouv.fr.
- Demander l’attestation décennale :
- En cours de validité.
- Date d’effet et d’expiration claires.
- Activités couvertes (plomberie, électricité, etc.).
- Plafond garanti.
- Demander l’assurance RC pro.
- Vérifier les avis clients :
- Google, Pages Jaunes, Trustpilot.
- Méfiance pour les avis exclusivement positifs (souvent achetés).
- Demander 2-3 numéros de clients récents.
- Visiter un chantier en cours ou un chantier achevé similaire.
- Lire les conditions générales en bas du devis ou pièce jointe.
- Faire relire à un proche ou par un architecte si gros chantier.
Recours en cas de litige
- 1. Lettre recommandée à l’entreprise :
- Description précise du litige.
- Demande de remise en état dans 30 jours.
- Photos en pièce jointe.
- 2. Médiateur de la consommation :
- Gratuit, sous 90 jours.
- Coordonnées sur le devis ou medicys.fr.
- 50 % des litiges résolus à ce stade.
- 3. DGCCRF (DDPP départementale) :
- En cas de fraude (RGE bidon, etc.).
- Sanctions administratives possibles.
- Pas d’indemnisation directe.
- 4. Tribunal Judiciaire (TJ) :
- Pour litiges < 10 000 € : procédure simplifiée.
- > 10 000 € : avocat obligatoire.
- Délais 6-18 mois.
- Honoraires avocat : 2 000-8 000 €.
- Aide juridictionnelle possible selon revenus.
- 5. Décennale activée :
- Pour vices structurels après réception.
- Procédure en parallèle.
Outils utiles
- Vérification entreprise :
- infogreffe.fr (SIRET, dirigeants, comptes).
- societe.com (avis, données financières).
- pappers.fr (alternative gratuite).
- Vérification RGE :
- france-renov.gouv.fr (annuaire officiel).
- Recherche par SIRET ou nom + ville.
- Comparateurs de devis :
- Le Juste Pro, hemea, IziDevis.
- 3-5 devis en parallèle.
- Premier filtre qualité automatique.
- Avis clients :
- Google Business.
- Pages Jaunes / Trustpilot.
- Forums spécialisés (forum-construire.fr).
- Aides et MaPrimeRénov’ :
- france-renov.gouv.fr (simulateur officiel).
- Simul’Aides pour devis chiffré.
- Médiation :
- medicys.fr (médiateur consommation).
- conso.net (conseils Institut National Consommation).
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